Arnold

ArnoldArnold, Escroc. 11 titres. Il s’agit là du premier album solo du chanteur de Chupa Chuva (groupe swing-manouche de Compiègne, un cédé à leur actif, en 2007), qui vole ainsi de ses propres ailes. Voler… pas au sens de l’escroquerie, n’en déplaise au titre de ce prime opus. Au fil des plages, les mélodies se suivent mais ne se ressemblent pas, même si tout est plus subtil que ça et forme, au bout du compte, un tout impalpable et follement séduisant. Le « je » d'Arnold (Jérémie Arnold dans le civil) lui fait endosser en propre toutes les situations, toutes les chansons, toutes les défroques. D'escroc donc (« Mon casier judiciaire / Je l'ai dépucelé / Depuis tout petit »), de Lucky Luke troubadour, de grand sentimental, d’ivrogne, de vendeur de chouchous sur la plage, d’amoureux fou d’abbesses (« Abbesses j’ai sans cesse / Ressassé nos ébats / Ton paquet de cent S / Egaré dans mes draps »), d’ivrogne même, saoul cabotin qui « mets bout à bout / Mes couplets-refrains. » Et de repreneur de François Villon, dans une fort jolie adaptation de « La ballade du concours de Blois ». Tout est raffiné en ce disque au livret très pro, rien ne semble dû au hasard. L’acheter c’est déjà ne pas se tromper. Rien d’un escroc, vous dis-je.

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Michel Kemper