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Yoanna Un peu brisée, 2012, 12 titres. Une femme à gouaille et à bretelles. Pour moins que ça, on vous code-barre « nouvelle chanson réaliste » pour l’éternité. Même si la filiation est tentante, l’art de Yoanna puise à bien d’autres sources, explore d’autres réalités, bien moins soumises. Et des sons plus scandés. Yoanna parle de la femme, de la féminité, du double féminin : celle qui construit, celle qui défait. Amours ratés, adolescence tardive, désir de liberté. Ce disque sera l’un des coups de cœur de l’année à venir (sortie le 14 février) : c’est un pur joyau. D’écritures textuelle et musicale, d’interprétation aussi par cette voix fragile et forte, qui contient en elle toute la gamme de l’émotion, sans pathos, dans la tendresse comme dans la crudité des mots. Malgré quelques orchestrations luxuriantes (oh, ces cordes !), il y a là une remarquable épure. Tout est dans l’équilibre : dans ce verbe qui fouille l’intime, ces musiques qui se heurtent et se fécondent les mêmes portées, cette insolence qui s’impose comme sagesse. On connaissait Yoanna, par un premier album (« Moi, bordel ! ») et par une présence en scène qui ne laisse personne indifférent. Ce nouvel opus est plus qu’un sursaut qualitatif : c’est la cours des grands !
www.yoanna.fr
Michel Kemper |