Jeancristophe

JeanchristopheJeancristophe Ma vie en rose, 13 titres. On tiendra pour acquis l’admiration de Jeancristophe pour Gainsbourg : ce disque le respire en ses sillons. On pourra convoquer d’autres noms aussi, tels Katerine bien sûr, mais en nettement mieux. Comment le dire ? Ce disque (le second de Jeancristophe, quatre ans après "L comme lui" qui déjà donnait le ton), rose & pop, est tant une totale réussite qu’un acte courageux, mise à nu sans string et sans fard, pas même ce rose à lèvre dont il se badigeonne sur la pochette. C’est un regard sur lui, sur qui il est, ou qui elle est, le boy addict ("Je n’ai qu’une obsession / C’est les garçons"), sur ses passions ("D’amants aussi j’attends l’incendie"), ses phantasmes ("Envoyez-moi la Garde suisse"), ses douleurs, son mal-être, carnet intime joliment calligraphié, d’une patte sensible et habile. C’est un disque d’amour, d’envie d’amour, fait d’amitiés particulières, sans l’ombre d’une femme si ce n’est maman. C’est la vie en rose, avec les épines qui vont avec. Où l’enfer est dans l’enfermement. Propos souvent graves mais ton presque badin, dansant, coloré pop des années quatre-vingt, parfois baraque foraine qui tourne manège, qu’on imagine tant sur sa platine qu’en boîte.

www.mavienrose.biz

Michel Kemper