Lily Luca

Lily LucaLily Luca Mon meilleur profil, 11 titres. Autant la voix que la façon de chanter de Lily Lucas font volontairement gamine. Du reste, les petits dessins (entre "Le Petit Nicolas" et "Le journal d’Henriette") sur le digipack et le livret la représentent dans l’enfance de son art. Si la tonalité appelle donc la naïveté dans la forme, les sujets abordés font nécessairement contraste et c’est là que réside l’intérêt de ces chansons. Le point de vue est à la hauteur de la posture : trois pommes à genoux, à constater des réalités de grands, qui attirent et qu’elle rejette. Ce n’est pas nouveau dans la chanson (rappelez-vous "Le copain de mon père" de Leprest…) mais là c’est tout un album, et c’est pareil en scène. Lily campe ce personnage et regarde le monde ainsi (de toute façon "J’ai pas envie d’être adulte, de tout comprendre"). Mais, comme le dit Michèle Bernard à propos de Lily Lucas : "On sent la vie qui pointe ses dents cruelles et les premières fêlures du cœur". Il n’est pas évident, si vous découvrez, que vous accro-chiez à la première écoute. Insistez. Ce disque bizarre (orchestration inclue, il va de soi), étonnant, presque incongru, vous deviendra alors précieux et, charmant pléonasme ; sortira souvent du lot.

www.myspace.com/lilyluca

Michel Kemper