Chroniques 2008
Bernadette Delchambre
Bernadette DelchambreLa ballade du philodendron. 10 titres. La clarté et la précision du chant dominent dans ce nouveau voix/piano (Roger Pouly). A la façon de Mireille, espiègle ou rêveuse, Bernadette Delchambre chante ses compositions (et un titre de Christian Dente) qui se marient à merveille. Ce ton délicat apporte fraîcheur et tendresse qui nous suivent jusqu’au bout.
 
Christophe Bourdoiseau
Christophe Bourdoiseau Tant de saisons perdues. 14 titres. Livret bilingue (français, allemand). Premier album pour ce français exilé à Berlin. Alors qu’un orchestre ukrainien l’accompagne le plus souvent, le ton est bien parisien : nostalgie du pays de cocagne, romances de bistrots, souvenirs d’enfances, amitiés de comptoirs s’écoutent en toute simplicité. Rimbaud et Baudelaire sont aussi au programme de ce disque buissonnier.
 
1 costard pour 2
1 costard pour 2Propres sur soi. 11 titres. Un deuxième CD soigné. Dans ce Trio havrais, Thomas Louise est aux textes et au chant. Des chansons poético-réalistes et de révoltes jouent à cache-cache avec une jeunesse désabusée par la noirceur du monde. Les rythmes actuels entre minimalisme et entrain «desperados» nous ont convaincu. Un disque bien sapé qui refile la pêche.
 
Claire Jau
Claire JauQui croirait un poisson ? 13 titres. Tour à tour accrocheuse, tendre, audacieuse, rêveuse ou espiègle, Claire (ex-Claire et ses Radis) nous mène par le bout du nez tout au long de ce 2e album tant son charme séduit. La richesse et l’invention des arrangements, les ruptures de rythmes font immanquablement pétiller ces chansons. Un duo avec Gildas Thomas finit de nous faire craquer. Ce n’est pas un disque c’est l’avant-goût du printemps. L’Autre Distribution.
 
Jann Halexander
Jann Halexander Le marginal. 21 titres. Un chanteur aux prises avec sa condition de métis visite son âme. La double culture, la double sexualité, le sang, la mort reviennent tout au long de ce disque dans un univers proche de Pier-Paolo Pasolini ou Catherine Breillat. Jann Halexander, dissèque les sentiments avec raffinement et une rare précision. En quête de chaleur humaine, ce sombre piano-voix, au fond plein de douceur, est un plaidoyer amoureux contre l’intolérance.
 
Martial
Martial
Bruits des gens T… 13 titres. Classable ou inclassable ? Voilà la question. Un brin enfantin un brin décalé, en tous cas, artistes hyperactifs et multipolaires, c’est sûr, le duo Martial (Stéphanie et Greg) a de l’expérience : mise en scène, théâtre, cinéma... A l’aise dans l’exploration d’un monde insensé et extravagant, débordant d’énergie, loufoque et un tantinet mégalo, Martial enchaîne les chansons comme des séances d’électrochocs. Et comme dit un de leurs titres fétiches, « Faut pas chercher en bas ce qui est en haut ». A méditer, cela va de soi.
 
D#Rago
D#RagoMi-clos. 14 titres. Observateur du monde populaire, chroniqueur des petites gens, l’homme, pas prétentieux pour deux sous, nous conte un blues de banlieue franc du collier. Les textes natures, sans fioriture sont toujours assortis d’une tendresse et d’une fraternité à l’endroit de ses personnages (L’agent de la CAF, L’infirmière…). Le bon mot toujours au coin des lèvres, D#Rago est pétri d’une humanité directe, authentique, et nous, on aime bien ces ragots-là.
 
Bonfils
Bonfils La poésie enfin traduite. Fils caché de Ricet Barrier, Jean-Paul Bonfils se lance une nouvelle fois, et avec succès, dans l’exercice difficile de la chanson d’humour grinçant. L’humeur caustique, fidèle à l’esprit des chansonniers d’antan, cet alchimiste de la rime offre une lecture très personnelle du monde et de ses tribulations. Avec des titres évocateurs comme « Tes frites m’Eugène » ou « Tout le monde ado », chacun en prend pour son grade : la religion, les pédophiles, la Corse, la pègre…Le swing des guitares assure à toutes les plages.
 
Thierry Rousselet
Thierry Rousselet Ua Reva I Moorea. 7 titres. Résurgences poétiques d’une escale polynésienne pour un chanteur voyageur. Un disque attachant par l’intimité rêveuse qu’il s’en émane et surtout le chant libre, fragile et tendu qui envoûte comme un chant de sirène sur fond de multitude et de vagues mourantes sur la plage. A déguster avec paresse sous les bougainvilliers. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
 
François Barriet & Co

François Barriet & Co L’absence. 6 titres. Un côté balades, un côté pop, ce song-writer vient de réaliser son premier CD avec un soin tout particulier. Une belle carte de visite pour entrer dans le monde de la chanson. Le mal de vivre, les émotions en bandoulières, la voix assurée, il nous touche et fait mouche. Barriet est bien là !

 
Jean Guidoni Chante Prévert
Jean Guidoni Etranges étrangers. 13 titres. Loin des sentiers battus, Guidoni s’aventure enfin sur la piste Prévert. Il fallait bien que les deux se rencontrent un jour. De grands drames en petit bonheurs, Guidoni, le rebelle, donne encore à relire (La grasse matinée), à inquiéter (Les ombres, Elle disait) et nous invite à nous regarder, nous, « étranges étrangers ». Cette poésie-là lui va comme un gant. Pour la plupart, les musiques de Kosma, Wal-Berg et les orchestrations de Fabrice Ravel-Chapuis qui signe aussi six musiques accentuent l’univers tourmenté et souvent expressionniste (La chasse à l’enfant, en duo avec Juliette) d’un poète, toujours amoureux. Guidoni chante Prévert est aussi un spectacle exceptionnel à ne pas manquer. Edito Musiques / Rue Stendhal.
 
Agnès Collet
Agnès Collet Le monde à l’envers. 11 titres. Mélodiste hors pair, Agnès Collet signe, avec Thierry Garcia (réalisation), un album où règnent l’harmonie et la générosité. Fille aux cheveux de feu, Agnès chante avec un plaisir évident et elle est à l’aise dans une variété de genres musicaux (du folk-blues au rockabilly). Derrière cette « Sale gamine », sous une fragilité apparente se cache une femme décidée et talentueuse. Le monde à l’envers ? pourquoi pas, son grand cœur et son sourire auront tôt fait de nous le retourner à l’endroit.
 
Lou-Ysar
Lou-Ysar Lou-Ysar 11 titres. Fruit d’une résidence au théâtre d’Arras en 2007, ce disque donne une idée du spectacle-performance que Lou-Ysar propose actuellement. Fragile et discret, le chanteur comédien capte pourtant l’attention de bout en bout et nous fait voyager dans un monde raffiné et délicat. Ses « chansonges », habile-ment réalisées par Ignatus, coulent comme un carnet de notes et une invitation à la rêverie. Les arrangements de Thomas David (guitare) et Patrick Langlade (piano), et l’inventivité des musiciens participent à cette expérience harmonieuse et réussie.
 
Bori
BoriDans ce monde poutt poutt. 15 titres. Si Bori avance masqué sur scène, Edgar Bori n’est pas aveugle. Depuis sept albums il explore ses thèmes favoris, les solitudes et les foules anonymes du monde moderne. Il sait admirablement exprimer l’absurdité d’un réel étriqué, dérisoire et banal. Ce chanteur et poète québécois, décrit les moments les plus fugitifs, les plus ténus, les plus sensuels jusqu’à en réinventer sa langue. Adepte de « La vie calme », de rencontres en ruptures, ici comme ailleurs, il s’agit toujours d’une histoire d’amour. La voix chaude et vibrante, Bori nous réconforte d’une poésie riche et humaine. Les mises en scène sonores et l’interprétation prenante effleurent la réalité avec une infinie précaution.
 
Jean-Michel Piton
Jean-Michel Piton L’homme qui avait fait fuir ses rêves. 13 titres. Piton délaisse provisoirement les poètes pour nous gâter de son talent d’auteur et de compositeur : treize titres, puissants, truculents et chargés d’humanité. Chansons dédicaces (Les Ritals, Dimey, l’abbé Pierre, la cinquantaine…) qui disent ses révoltes et sa mélancolie. L’écriture est juste, charnue et, toujours, cette voix rugueuse et vibrante. Ce chant-là nous emporte. Loup de mer buriné aux coups de chien de la vie, Piton est de la trempe des Servat, Ogeret, Haillant… Un magnifique album personnel qui balaye les modes et les lieux communs. Après une gargantuesque Scène du ventre plus « Cyranoïaque » que nature le disque finit sur deux chansons d’amitié et d’espérance. Si cet « homme a fait fuir ses rêves », cette réalité là nous convient. Bravo ! Ed. Pluriel. Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
 
La Rasbaïa

La Rasbaïa La Rasbaïa Gare aux grands singes. 14 titres. Changement radical pour cet iconoclaste duo. Le délire joyeusement régressif et festif de la théorie de l’évolution - revue, corrigée et poétisée par Bérangère Altieri et Jean-Luc Priano - est prétexte à dire ce qui cloche dans notre monde civilisé. Dans cette jungle aux approches musicales d’influences jazz et rock, l’amour surgit. Arrivera-t-il à nous faire progresser ? Tonique et luxuriant. Mosaic Music. La Rasbaïa

 
Lune
Lune
Jardin anglais. 12 titres. L’auteuse, compositeuse, chanteuse allumée (comme elle se définit) a vraiment un tempérament de feu et une présence incontestable. Changeante,mordante, provocante, cette peste est bien de la famille des Björk ou Catherine Ringer. Voilà un cabaret-rock qui déménage et dérange car l’incongru du quotidien est restitué sous forme de courts-métrages acides et décapants. D’exploits vocaux en dérapages contrôlés c’est un énergique corps à corps que Lune livre avec ses fantasmes. Il s’agit bien là du désordre organisé d’un jardin anglais. Anticraft.
 
Coline Malice

Coline Malice

Coline Malice Petits moments 13 titres. Belge d’origine, la voilà installée depuis peu au pays des volcans. C’est peut -être le grand air de cette Auvergne accueillante qui donne des ailes et du souffleà ce 1er CD. Si Coline prend plaisir à conter les instants de petits bonheurs ou affirme son appétit de la vie, elle se penche aussi sur un monde bancal. Elle y croit et ça s’entend car la voix sait se faire séduisante ou accrocheuse. La lauréate de Vive la reprise en 2006 nous offre ici un album naturel et délicat, plein de jeunesse. D’ailleurs, ce n’est pas un disque, c’est une déclaration d’amour. Edito/Rue Stendhal.Coline Malice

 
<< Début < Précédent 1 2 3 4 5 Suivant > Fin >>

Page 1 sur 5