Bori
BoriBori. Fous les canards. 12 titres. Edgar Bori, l’ami du Québec, chantant désormais en solo, est un coutumier des albums à facettes multiples, si éloignés des productions formatées. Un volatile à l’allure rigolote et dérisoire s’affiche sur la couverture du CD aux couleurs bleues. Portant un regard sans complaisance sur son vaste monde Bori lance ses bouteilles à la mer au nom de « tous les errants du morose », foules anonymes et aux « nations entières d’hommes boulés ». Sa voix a parfois des accents dignes et graves d’un Serge Reggiani. Le propos se fait également intime pour évoquer la mort d’un proche (A l’arraché) ou la force des sentiments (On s’aimait doux). Parfois, tout s’emballe avec humour comme dans ce parlé/phrasé très réussi Je, portrait d’un ego avec chœurs associés. En final, on goûtera la fluidité du duo Bori/Rivard dans Toute ta lettre, qui ne reste pas poste restante. Symphonique. Productions de l’onde / Distr. Select.
Robert-Frédéric Migliorini