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Laurent Sintès. Un titre qui fait vendre. 13 titres. À chercher à qui sa voix peut nous faire songer, on en ferait, de Renaud à Sardou (voyez le spectre), une jolie collection de timbres… Il se dégage de ce troisième album de Laurent Sintès un tenace et fort agréable parfum tiré des années soixante-dix, qui oscille entre chanson et variété. Fantaisie, parodie, nostalgie ? Il doit y avoir de ça, mais pas que… En tous cas pas passéisme, loin s’en faut, tant que ce disque est belle respiration dans la production actuelle. La voix est claire, franche, directe, vous chope l’oreille et ne la lâche que difficilement. L’art et l’écriture de Sintès ont cet attrait qui vous le rend sympathique, proche, avec ses portraits bien campés (« Les fesses de l’électricien » inclues), ses situations (écoutez son « Cogne plus fort » sur cette femme battue qui s’exprime à la première personne : « Moi et mon corps on trouvera bien des excuses »), ses états d’esprit et ses coups de gueule (« Le winner », « Les râleuses »…) dont on ne sait pas toujours si c’est de l’art ou du cochon. Étranges impressions… Que renforce, au mitan du disque, incongrue, la présence de Tino Rossi (le vrai) s’invitant pour « Petit papa Noël ». Étrange, étonnant disque. Tant qu’on se le repasse à nouveau, rien que pour le plaisir.
laurentsintes.com
Michel Kemper |