Cyril Romoli

 

Cyril RomoliCyril Romoli. À l’heure où les lionnes apparaissent. 13 titres. Autoproduit. Difficile sans doute, après avoir été fauve si longtemps dans la comédie musicale Le Roi lion, de ne plus rugir… surtout à l’heure où les lionnes vont boire. Romoli a le cœur gros, « si gros qu’il suffirait pour deux. » Et ce disque est une succession de portraits, parfois par défaut, par absence, de femmes, « fesses de jolies femmes noires » de Barbès, « fesses caramé-lisées » des jolies vahinés, celle qui laisse le lit en désordre, celle qui est vendeuse chez Tati, celle dont les seins s’agitent sous son pull où « Tu t’es construit une cabane / Là où j’adore poser mes mains. » Toute une faune féminine à flore de mots. Romoli est tellement étonnant, « performant » en scène, de la classe à l’évidence d’un Romain Didier, côté chien fou (« lion fou » faudrait-il dire pour être bien raccord) en plus, qu’un disque ne saurait fidèlement traduire la gamme d’émotions qu’il adoube à celle de ses notes. Reste que cet opus est une belle pièce dans ce trousseau de mots qu’il doit pour l’essentiel à Éric Chantelauze et pose sur de délicates mélodies qui peuvent nous hanter. Comme diraient les lionnes intéressées : « Ça va, savane. »

www.myspace.com/romolicyril

Michel Kemper