Pascal Rinaldi

Pascal RinaldiPascal Rinaldi Passe le zénith. 12 titres. Où l’on retrouve l’esthète helvète Rinaldi, « dresseur de fauves et d’Amazones / éffeuilleur de rose des vents », en quête toujours de l’idéal féminin, dans la moiteur de vies qui se frôlent, se touchent, se griffent. C’est son Graal : pas pour rien qu’il reprenne ici (en acoustique) son « Il faut qu’on s’touche » d’anthologie. Cet album est fait de tourments, de sentiments, d’exaltation et d’animalité, faim de loup qu’il faut tirer de son trou : « Je caresse vos soupirs humides / Pour étancher ma soif aride. » Egaré dans le tréfonds de l’âme et des corps, « un peu à l’ouest de l’éden », Rinaldi est tout entier à cette obsessionnelle tâche, charriant des mots élégants qui souvent s’aventurent en des registres ambigus : « Apprendre mes leçons / Sur le bout de vos lèvres / Sera ma punition / Je serai bon élève. » D’une chanson l’autre Rinaldi passe d’une sobre et intemporelle guitare à des orchestrations plus luxuriantes mais plus datées aussi. L’émotion rinaldienne, elle, ne saurait avoir d’âge : puissamment gravée dans la chair, elle n’est que la juste transcription sinon de nos vies, au moins de nos envies.

www.pascalrinaldi.ch

Michel Kemper