Wally

Wally, photo : Alice G.Tu es Aveyronnais et tu ne possèdes pas de brasserie à Paris. Tu trouves ça normal ?

Bien sûr que non ! Mais j’ai eu une période où j’ai beaucoup œuvré de l’autre côté du bar, uniquement par solidarité aveyronnaise évidemment…

Dis-moi si je me trompe (si c’est le cas, je change de métier !) : ton premier théâtre fut la cour de récréation ?

Je crois que tu peux prendre un mi-temps, car tu as à moitié raison ! Une réponse de Normand pour une Aveyronnais, ça se complique… Disons que j’étais assez réservé, voire timide, avec parfois quelques bêtises commises bien malgré moi. Je me souviens qu’une fille m’a un jour demandé : " Tu veux sortir avec moi ? " et je lui ai répondu : " Oui, mais on est déjà dehors ! " Elle a rit, mais j’avais pas fait exprès ! Ça m’arrive encore aujourd’hui de parfois faire rire sans le vouloir.

Regrettes-tu l’Education nationale ?

Non ! Pas du tout ! Faut dire que je n’ai fait qu’un passage d’une année en tant que maître auxiliaire, mais si je n’avais pas eu cette passion pour la musique, je pense que je serais toujours prof. Je dois dire que faire des tubes dans la matière que j’enseignais, la chaudronnerie et la tuyauterie, est beaucoup plus simple que dans la voie que j’ai choisie par la suite… mais comme ce n’était pas non plus le but, je ne regrette rien.

L’Education nationale te regrette-t-elle ?

Je ne pense pas ! En tout cas, je n’ai eu ni fleurs, ni couronnes, mais j’aimais bien le contact avec les élèves, c’était déjà un peu du spectacle ! À la différence, que parfois, je ne connaissais pas bien mon texte ! Faut voir la tête de certains élèves q

uand le prof dit qu’il ne sait pas ! ça en dit long sur le conditionnement dans lequel nous sommes…

Et les remords dans tout ça ?

Les remords ? Les remords d’avoir été prof ? Les remords d’avoir suivi la voie dans laquelle je suis depuis bientôt 25 ans ? Non ! Tout de tout, je ne regrette tout !

Regrettes-tu Universal, Universal te regrette-t-il et les remords dans tout ça ?

Universal, c’est un accident dans mon parcours, mais un bel accident. Je ne cracherai pas dans la soupe, ce fût une belle rencontre avec quelqu’un que j’apprécie toujours : Jean-Philippe Allard. C’était le patron de Polydor et il a bien compris qui j’étais, pas tout le monde chez Universal mais lui : Oui ! Faut dire que je n’étais, et ne suis, d’ailleurs, toujours pas dans les cases. Même à l’époque de Boucherie Productions, François Hadji-Lazaro me demandait parfois quand est-ce que j’allais mettre des refrains dans mes chansons ! Encore une fois pas de remords, une petite anecdote : le jour où j’ai signé (comme on dit) chez Universal, ce même jour Messier démissionnait ! Il a sûrement su que j’arrivais…

Tu te définis comme un chanteur de sous-préfecture, n’est-ce pas un peu prétentieux de ta part ?

Oui ! C’est pour cela que parfois je rectifie, en disant " chanteur de chef-lieu de canton " mais c’est peut-être encore un peu trop prétentieux, parce que faut voir les bleds où je joue !!! Dois-je te dire que j’adore ! J’adore parce qu’entre paumés, souvent on se comprend !

Tu tournes avec plusieurs spectacles, n’est-ce pas un peu présomptueux et un peu casse-gueule ?

Je tourne avec 3 spectacles : " Le best on " parce que toujours allumé, c’est une espèce de best of de mes 3 précédent spectacles. " Absurdités protéi-formes " spectacle mêlant vidéo, chansons et monologues. Et le dernier en date " J’ai arrêté les bretelles " créé mi novembre, je l’ai déjà joué une quinzaine de fois et ça s’annonce pas mal ! Présomptueux, peut-être, mais un " créateur " se doit de créer, donc tant que l’on peut s’exprimer, faut pas s’en priver ! Casse-gueule : Non, au contraire, ça fait un bon exercice pour la mémoire avant qu’Alzheimer m’attrape… A ce propos, je connais quelqu’un qui boit pour oublier qu’il a Alzheimer ! C’est un peu con…

Celui avec Chraz, je l’ai pas vu. Mais je n’ose pas imaginer. Dans les deux cas : ai-je tort ?

Tu as raison, n’imagine même pas ! C’est un spectacle où, personnellement, je me marre vraiment ! Chraz est quelqu’un qui compte dans mon parcours, j’ai appris pas mal avec lui ! Trente mille idées à la seconde, du fond, de la vrai folie, un vrai bon gars pas dégueu comme dirait Gérard Morel !

Tu sors un album comportant 99 chansons courtes, intitulé " 99 chansons courtes "... Pourquoi ce titre ?

Parce que cent, c’en aurait fait un peu trop ! C’est le titre exact. Je te donne un scoop, le prochain va s’appeler " 101 chansons parce que cent, ça en faisait pas assez " !

Quelle serait ta définition d’une chanson courte, indépendamment de la notion de durée ?

Une chanson courte, c’est avant tout pour moi une " vraie chanson ", avec un texte qui se tient, une musicalité précise et l’interprétation qui va avec ! Je ne dis pas que j’y arrive à chaque fois, mais j’essaie.

Qu’est-ce qui te prouve que tu es drôle ?

Parfois les gens rient et ça c’est déjà un signe, quoique parfois les gens rient à des choses qui personnellement ne me font pas rire ! D’ailleurs est-ce qu’on a besoin de se prouver que l’on est drôle ? J’ai certains collègues humoristes qui essayent toute la journée d’être drôle, ça me fatigue un peu !

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Je serais tenté de dire que ma faible connaissance de la science ne me permet pas de répondre à cette question.

Tu gagnes environ combien par mois ?

Je gagne très correctement ma vie, après avoir survécu pendant quelques années.

Que fais-tu de tout cet argent ?

Comme je suis contre l’héritage, je dis à mes gamins qu’ils en profitent car ils n’auront rien à ma mort ! Et ils en profitent, ils voyagent et moi aussi par la même.

Si je te dis que je me fous complètement de savoir pourquoi tu as choisi " Wally " comme nom de scène... C’est quelque chose qui te révolte ?

Alors pas du tout, ça me ravit même, je crois que tu es le premier journaliste à ne pas me poser cette question. C’est du grand professionnalisme : Bravo !

Comment vas-tu ?

Je vais très, très bien ! J’ai plein de projets et ça fait vivre !

www.wally.com.fr

Propos recueillis par Jacques Perciot