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Mes questions ne seront pas des questions, mais des noms propres sur lesquels vous devrez réagir... Est-ce pour vous effrayer ? Pas le moins du monde ! Allons-y... Jean-Jacques Nyssen... L’homme de ma vie, le père de mes filles, des musiques de mes chansons ! J’ai commencé à écrire mes premiers titres avec Jean-Jacques et nous n’avons cessé de collaborer depuis... L’homme de ma vie, le père de mes filles, des musiques de mes chansons ! J’ai commencé à écrire mes premiers titres avec Jean-Jacques et nous n’avons cessé de collaborer depuis... Ce qui n’empêche pas d’aller glaner ailleurs, ça et là, d’autres collaborations. Jean-Jacques étant, d’ailleurs, le premier à m’inciter à ouvrir mon champs de vision ! Il est le premier lecteur et juge de mes textes et il faut qu’il les aime pour les mettre en musique, comme je dois aimer ses musiques pour les garder. On ne se fait pas de cadeaux et l’avantage, c’est qu’on ne triche pas. Jean-Jacques trace aussi son propre chemin artistique dans des projets aussi fous les uns que les autres. De mon coté, je prends parfois des petits chemins de traverses dans des collaborations extérieures, ce qui nous enrichit l’un l’autre. François Hadji-Lazaro... Premières maquettes envoyées aux maisons de disques... François est alors le patron de Boucheries productions, label rock indépendant. Un jour il m’appelle, suite à la petite cassette (eh oui !) envoyée à ses bureaux de prod. Ça l’intéresse mais il veut voir sur scène. On n’a pas de concert dans l’urgence... Alors, on en organise un avec nos potes. Il amène tout le staff de Boucheries, et on signe dans la foulée ! Entre l’envoi de la cassette et l’entrée en studio, il y aura eu à peine six mois, ce qui paraît surréaliste, vus les délais souvent extensibles auxquels on fait face aujourd’hui pour concrétiser un projet d’album !
Nicole Londeix...
Nicole Londeix était la directrice du Sentier des Halles. C’est au Sentier des Halles que j’ai commencé à éprouver mon premier spectacle et mes premières chansons. J’ai été programmée une première fois, un soir, et puis cela a débouché sur trois semaines de programmation, tous les soirs à 20h30. Ça m’a permis de réunir et fidéliser une première équipe de musiciens, de jouer sur la durée, d’inviter des pros... Ça a été une étape cruciale dans mon démarrage. D’autant plus que, le même été, les Francofolies de la Rochelle invitaient le Sentier et que je faisais partie des trois artistes programmés là-bas. Grâce à cette programmation, j’ai reçu le prix du meilleur spectacle "découverte", alors que je n’avais pas encore sorti d’album. Le métier a commencé à m’identifier, aussi, par ce biais.
Jean-Louis Foulquier...
Jean-Louis Foulquier m’a découverte aux Francofolies et sur France Inter et il a été d’une fidélité incroyable ! J’étais, d’ailleurs, sur la grande scène de La Rochelle avec ses amis chanteurs pour la fête (un peu triste) de son départ du festival, en 2004, si ma mémoire est bonne... C’est une des personnes du métier qui aura compté dans mon parcours et pour qui j’ai une vraie affection.
Dominique Blanc-Francard...
Dominique a coréalisé, avec Jean-Jacques Nyssen, mes deuxième et troisième albums. Une chouette rencontre ! Au delà du grand ingénieur du son qu’il est, il a une grande expérience et c’est un puits d’anecdotes ! Dominique aime vraiment la chanson, il adore aussi les voix et se met vraiment à votre service. Nous nous sommes revus en vue prochain album. Peut être allons nous collaborer sur quelques titres.
Max Amphouls...
Mon premier éditeur, producteur, mon "papa" dans le métier ! Fort en gueule, attachant... Un Gabin du show business à l’ancienne, avec bureau en acajou et cuir, gros cigare et minibar toujours open ! Il m’a accompagné artistiquement à partir du deuxième album et jusqu’à son décès, cela fera bientôt trois ans. Max était un personnage atypique du métier. On n’étaient pas toujours d’accord, mais il aimait vraiment la musique et les artistes. Il a pris des risques dans ses choix jusqu’à la fin, alors que son catalogue lui permettait vraiment de vivre sur ses acquis. Malgré le rapport paternaliste qui nous liait, il m’a laissé une grande liberté artistique même si, parfois, il pouvait émettre un doute sur certaines directions. Il fallait alors aller au bout de l’idée et lui prouver que cette dernière était la bonne. On avait en général le dernier mot. Son avis était très important. C’était le premier à qui on soumettait, Jean-Jacques Nyssen et moi, l’écoute des nouveaux titres. On était derrière son bureau, fébriles... Lui, mettait le CD dans la platine, allumait sa gitane, et on attendait le verdict !
Boby Lapointe...
Lorsque j’ai sorti mon premier album, on m’a parlé souvent de Boby Lapointe comme d’une influence probable. En vérité je l’ai vraiment découvert après. J’ai adoré sa plume, son modernisme, sa manière de jouer avec les mots, sa drôlerie et sa profondeur. J’ai eu la chance de participer à un album "hommage".
Zazie
Zazie m’a invité, en 2005, sur la première partie de son "Rodéo tour" et ce, sur toutes les dates de sa tournée. J’avais déjà trois albums à mon actif et le quatrième en préparation, mais je dois dire que ça a eu un effet incroyable sur la suite. D’abord, beaucoup de gens m’ont vraiment découverte sur cette tournée. Souvent, ils connaissaient ma chanson Les garçons dans les vestiaires, qui avait pas mal tourné en radio (ainsi que le clip avec les rugbymen du Stade français) mais n’avaient pas forcément fait le lien avec "Clarika" chanteuse !!! Je partageais cette première partie avec Vincent Baguian, qui ouvrait le bal, puis je chantais mes titres et on se retrouvait pour une chanson finale. J’ai été formidablement accueillie par son public. La tournée s’achevait en septembre 2005, mon quatrième album sortait dans la foulée et j’ai retrouvé beaucoup de ce public dans les salles lors de la tournée qui a suivi... Des gens qui ont eu envie d’en savoir plus et qui, depuis, me suivent. Le double effet Kiss Cool !
Bernard Lavilliers...
J’étais fan à l’adolescence. Un jour j’ai la chance d’être programmée pour quelques premières parties de Bernard. En l’écoutant chanter, je pense à une chanson de mon deuxième album, Ça s’peut pas, qui me tient à cœur. Cette chanson-là, je m’étais toujours dit qu’elle serait belle en duo... Alors la voix chaude de Bernard... évidemment... Mais comme je suis très timide, je la fais passer à des tiers pour qu’il l’écoute, en espérant secrètement qu’il soit séduit... mais en n’y croyant pas trop... Mais si ! Il aime la chanson, il est touché ! OK on l’enregistre !!! Magique. Et si simple ! Après, il a été formidable de générosité, a joué le jeu de la promo (mieux que ma maison de disques de l’époque !). Il m’a invitée plusieurs fois à le rejoindre sur scène pour la chanter. De même qu’il est venu la chanter avec moi pour mon Olympia !
Michel Delpech...
Michel Delpech m’a invitée, sur l’album Tribute, à partager un duo. J’ai choisi L’amour en wagon lit. On s’est bien amusés. Je revois les 45 tours de ma mère à la maison... C’était vraiment super de me retrouver avec cette icône de la variété de mon enfance et j’adore ce duo kitsch et rigolo.
Marie Nimier J’aimais la romancière, elle aimait bien la chanteuse. Une connaissance commune nous a mises en relation. On s’est tout de suite entendues. On a, entre autre, en commun un goût prononcé et imparable pour l’électroménager ! On s’est dit que ce serait bien d’essayer de faire des textes ensemble, Marie écrivant de son coté aussi des chansons. Avec Marie (qui n’est pas sur Paris) on travaillait via le net et j’ai découvert cette méthode... qui me convient parfaitement. J’ai du mal à me mettre à une table avec quelqu’un à un moment donné, décidé, et à trouver l’inspiration " à la commande ". Le net permet de rebondir sur l’idée envoyée... à n’importe quel moment, et les chansons se construisent assez facilement, finalement, une fois les bonnes pistes amorcées évidemment.
Clarika...
Ouah !!! Dur d’avoir un regard extérieur sur soi même ! Clarika la chanteuse-auteure et Clarika dans la vie sont la même personne ! Je ne me suis pas construit un personnage à l’opposé de moi même. Mes chansons me ressemblent. Après, l’écriture permet aussi de jouer avec ce qu’on est, de mettre en scène, de faire des choix dans ce qu’on raconte et puis, aussi, de dire, de raconter les autres et pas seulement soi, d’extrapoler, d’imaginer... J’adore observer, m’imprégner et essayer de restituer ce ressenti et ce vécu. En parlant de soi on parle souvent des autres, et vice versa. Et puis, avant tout, j'aime la scène. Je crois que j'ai commencé à écrire mes textes pour monter sur scène. Si, à l'époque j'avais trouvé "mon" ou "mes" auteurs, peut être me serais je contentée d'être une interprète. C'est en commençant à écrire mes propres textes que j'ai pris le goût de le faire. Aujourd’hui, il m’est devenu indispensable d’écrire mes propres petites histoires... Mais l'écriture reste un chemin plus dur, douloureux, parfois laborieux... même si c’est enthousiasmant. La scène, c'est léger et intense à la fois. C'est sur scène que j'ai vraiment l'impression de faire mon métier (si c'en est un !!!). Propos recueillis par Jacques Perciot |
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