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Emilie, la chanson, c’est venu comment ?
La chanson, je la côtoie depuis l'enfance, dans la sphère familiale. Bercée par Ferré, Vian, Fréhel, Damia et Gainsbourg, j'ai ensuite découvert la poésie notamment surréaliste. Amatrice de cadavres exquis, jouer avec les mots est un plaisir encore plus complet si on y ajoute la musique. Après le clavecin, j'ai joué du piano puis de l'accordéon, qui m'a paru en parfaite adéquation avec mon envie de chanson.
Une « mangeuse d’accordéon », c’est quoi au juste ?
Le terme en lui-même m'est venu d'une pièce de théâtre d'Olivier Py, La nuit au cirque, dont l'un des personnages, dès qu'il a une émotion trop forte, mange son accordéon. Cette créature de foire à la fois étrange et fragile, m'a parlé et correspondait aux chansons que j'avais écrites à l'époque. Se tourner vers son accordéon dès que l'humanité déçoit.. Et le côté ogresse !
« Electron libre, comédienne et musicienne, elle explore toujours plus de nouveaux langages » dit la notice. Le théâtre ça aide dans un parcours de chanteuse ?
Je dirai oui et non. Le théâtre permet une aisance scénique évidente mais peut aussi faire barrage à la transmission de certaines émotions. J'ai pu me réfugier derrière un personnage pour interpréter mes chansons, qui elles, paradoxalement étaient intimes. Retrouver l'authenticité et la spontanéité après s'être "cachée" derrière un masque n'est pas évident. C'est ce que j'ai découvert en créant mon solo La mangeuse d'accordéon. Dans ma formation à 4, je sors vraiment de ce personnage pour être pleinement chanteuse. Dans un trio appelé Les Ombres sauvages - théâtre d'ombres en chanson, je suis à la fois comédienne, musicienne et chanteuse. Cette polyvalence me nourrit. Et un oeil extérieur reste pour moi indispensable à la mise en place d'un tour de chant...
Où puises-tu où ton inspiration ?
Je suis inspirée par ce que je vis, lis, et observe. Après avoir écrit moult chansons d'amour, j'ai voulu changer de registre. Les animaux et les créatures étranges m'inspirent beaucoup en ce moment avec l'envie de faire une série de portraits bizarres, un genre de cabinet de curiosités. J'ai écrit une chanson sur une oie qui vole vers le Nord, sur une femme à barbe, une chèvre araignée. Une autre m'a été inspirée la phrase d'un journal : " on ne peut pas déshabiller celui qui est nu ".
Au fait une bonne chanson comment c’est fait ?
Pas de recette à ma connaissance ! C'est ce qui la rend plus précieuse encore… (Voir chronique CD La mangeuse d’accordéon)
www.myspace.com/lamangeusedaccordeon
Propos recueillis par Didier Desmas
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