François Gaillard

François GaillardFrançois, tu alternes deux spectacles : Traversée de la scène à la rage et Bon alors on fait quoi ? De quoi s’agit-il exactement ?

D’un seul et même solo accordéon-voix ; mais si les « Traversées » sont techniquement légères et peuvent se faire dans n’importe quel lieu (même insolite !), « Bon Alors on fait quoi ? » est habillé de vidéo, et donc destiné aux plus grandes salles. J’avais envie de confronter la vidéo (très utilisée en théâtre et danse) à la chanson, pour voir jusqu’où elle pouvait servir le texte sans le « manger »… J’y ai travaillé avec Xavier Lacouture ; des extraits sont visibles sur mon site.

Entre ton métier de prof multimédia et celui de chanteur, comment tu t’y retrouves ?

Côté agendas, c’est de plus en plus compliqué ! Ceci dit, c’est sans conteste la chanson qui me porte ; et dans le monde universitaire, je fais rarement état de ma « double vie », même si certains l’apprennent par hasard. Cette année pourtant, j’ai proposé à mes étudiants en cinéma de réaliser les séquences vidéo de « Bon alors… ». Sacrée expérience : ils ont apprécié le pas concret vers le spectacle vivant, et j’ai été très impressionné par leur créativité.

Avec « Croisons les ch’mins » tu partages quelquefois la route de Roucaute, Bobin et Verguet. C’est le goût de l’aventure ou l’amitié ?

L’amitié ! Mais aussi l’envie de défendre des chansons, y compris celles des autres ; avec Marie Bobin, nous avions créé A Fleur de Mots pour ça. Aujourd’hui, l’association sort un CD annuel de coups de cœur, pour continuer à croiser des chemins…

Ton humour est réputé ravageur, incisif et tes chansons sont le plus souvent caustiques, engagées, impertinentes… La politique en prend un coup je crois ? les Guignols de la chanson en quelque sorte…

Je crains un peu le terme de chanson « engagée » ; je préfère « impertinente »... et avec humour, ça me semble indispensable ! Mes dernières chansons sont très liées à l’actualité, car j’ai besoin de dire tout haut que ce pays d’ultra libéralisme, de quotas d’immigration et d’excès médiatiques, je n’en veux pas ! D’où ce titre : « bon, alors, on fait quoi ? » : et si on tentait d’imaginer une autre sortie ?

Après 3 disques, un calendrier qui se remplit régulièrement, que te souhaiter de plus ?

De multiplier les scènes, les rencontres ! Et, si le calepin se remplit bien avec ce projet vidéo, je cherche aujourd’hui un tourneur, pour passer à la vitesse supérieure et pouvoir enfin faire de la chanson mon seul métier…

www.francoisgaillard.com

Propos recueillis par Didier Desmas