Michel Boutet

Michel BoutetMichel, tu viens de sortir un nouveau CD, « La ballade de Jean-Guy Douceur ». De quoi ça parle au juste ?

Jean-Guy Douceur, dont je ne serais pas surpris qu’il soit mon double, est une sorte de marin que la vie transporte de tempêtes en eaux calmes, de solitudes en rencontres. C’est un mélancolique souriant qui choisit ses coups de gueule. Donc, ça parle d’une époque (lointaine) où le président envahissait la télé, ça donne la parole à un imbécile heureux qui regrette le joli temps de la guillotine, ça dit qu’Hitler tout seul n’existe pas, ça dit merci à Monsieur Brassens. Et puis ça parle d’amour… très probablement.

Tu as écrit pas moins de 5 livres et produit 6 albums. Tu proposes 5 spectacles différents. C’est déjà une carrière ?

Une carrière ?… Il aurait fallu moins de doutes ! Venant d’un pays d’enfance où écrire était étrange, j’ai dû bagarrer longtemps avant de m’accorder une pleine légitimité. Maintenant, je sais qu’il est trop tard pour que je renonce à cette chance, et je me dis que oui, j’ai fait un parcours. Les livres, les disques m’ont permis de marquer ce parcours, en artisan. Quarante ans déjà que je chante ! Et je n’ai pas dit ma dernière note !...

Dans les années 70 et 80 tu as collaboré à différents projets avec Bernard Haillant, et puis, Piton, Couton, Fischer. Quel regard portes-tu sur la chanson aujourd’hui ?

C’est en allant chanter régulièrement en Allemagne que j’ai mesuré l’incroyable vitalité de la chanson française. Je suis un fou de chansons et, heureusement, je n’ai pas le temps de suivre : mais j’écoute beaucoup de monde, de Eiffel à Clément Bertrand, en passant par Presque Oui, Chasseloup, ou Rémo Gary (à qui la cinquantaine va à ravir). Cette vitalité s’exprime beaucoup en dehors du système, dont le souci majeur est le chiffre : aujourd’hui Brel serait viré après son premier disque. Du coup, et je n’en suis pas fâché, les jeunes auteurs se battent sur scène, investissent la toile, inventent des réseaux. Il faut croire que tous ces jeunes artistes préfèrent passer voir les gens plutôt que de passer à la télé !

Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire des chansons ?

Je n’ai pas d’imagination, mais la vie n’en manque pas. Après, c’est affaire de regard… et d’envie d’apporter son grain de sel, ou de sable.

Tu comptes venir chanter pour les parisiens un de ces jours ?

C’est quand vous voulez !... Plus sérieusement, mon ami et agent Pascal Laborie s’en occupe !

michel-boutet.com

Propos recueillis par Didier Desmas