Frank Charron

Frank CharronFrank, c’est quoi au juste L’Olympiette ?

La plus grande petite scène du monde ! Il s’agit d’un véritable Music-hall de proximité équipé en son et lumières et doté d’une salle de 12 places qui rentre dans une voiture. Elle a même son régisseur général attitré. Mais c’est avant tout le seul moyen que j’ai trouvé de me soustraire au problème de la diffusion pour un A.C.I. Cela me permet de colporter mes chansons devant un très large public, de tout âge et pas nécessairement averti, à l’instar du spectacle de rue. En fait, avec cette salle de spectacle à ma mesure, je me suis coquatrixisé !

Tu es comédien, le rapport direct avec le public, le plein air, tu aimes ça. Quel est ton parcours ?

Mes parents m’avaient rêvé comptable, j’ai fini le cul entre deux chaises pas si éloignées l’une de l’autre: le théâtre et la chanson. J’ai quasiment commencé ma vie professionnelle avec Molière tout en chantouillant par ailleurs dans diverses formations. Des années de tournées théâtrales en milieu scolaire jusqu’à découvrir un beau jour le théâtre de rue. Issu d’une famille modeste peu encline aux pratiques culturelles, jouer devant des publics qui ne vont pas au spectacle s’est révélé être pour moi la voie à suivre.

Sur scène, un accordéon, une guitare et un gros paquet de tendresse. Qu’est-ce qui t’inspire pour écrire des chansons ?

Tout ce qui me touche sensiblement... les jours où je suis sensible ! Je ne m’interdis rien, ni dans le fond, ni dans la forme, dans le grave, dans l’humour. Des chansons de 30 secondes comme de 10 minutes. Plus je vieillis, plus je me plais à ciseler. Sûrement que l’écriture m’aide à canaliser une nature obsessionnelle. Mais passée la question de l’ego, je constate qu’écrire est, au delà de l’acte poétique, un acte politique.

« Saltimbanque et propre à rien », il n’y a pas un peu d’auto-dérision là-dessous ?

A peine... cette chanson date de 2003 lorsqu’il y a eu le mouvement des intermittents du spectacle. Face à la pensée ambiante où tout ne doit être que performance et rentabilité chiffrée, quel est le poids du spectacle vivant ? Rien. Rien et tout, si l’on entend que le rôle de la culture est de contribuer à mieux vivre ensemble...

Frank, tu n’aurais pas hérité d’un petit quelque chose des Deschiens ou de Jacques Tati ?

Hormis ma silhouette de grande saucisse, incontestablement un lien de parenté clownesque. Pour se retrouver seul en scène à chanter des chansons parfois complètement lunaires, il faut mieux être un peu clown, non ?

myspace.com/frankcharron

Propos recueillis par Didier Desmas