| Anne Peko |
|
En fait, c’est un sentiment qui ne m’a jamais quitté depuis mon enfance en Afrique de l’Ouest où je suis née entre mer et lagune. De par l’activité de mon père en rapport avec la mer et les bateaux, j’ai eu la chance de vivre au bord de la mer, d’y glisser mes pieds puis mon corps très tôt, de la goûter, de m’y sentir bien, de respirer avec elle et d’en avoir la fascination. De sillonner les océans. D’éprouver le même plaisir vif à nager aussi bien dans des eaux à 12° en Bretagne ou en mer du Nord que dans des eaux tropicales. De sentir mon cœur palpiter quand je la vois et de ressentir une plénitude et une liberté quand je suis en mer. J’y ai fait des rencontres décisives qui ont façonné ma vie. J’aime sa lumière, son mystère, son imaginaire, ses récits… Le choix des chansons est emprunté à différents auteurs. Explique la démarche. J’ai proposé à divers auteurs d’écrire des chansons sur le thème de la mer. C’était risqué car leurs univers étaient éclectiques… et qu’il fallait trouver une unité. Il m’est arrivé de ne pas m’y retrouver et j’ai du faire des choix. Je souhaitais de la poésie, de la fantaisie, de la rugosité et de la drôlerie. Il y a quelques reprises et des clins d’œil à mes précédents spectacles. Fougueuse interprète, tu dis que « chanter, c'est ouvrir une porte à l'inattendu ». Qu’est-ce qui te pousse vers le répertoire ? Mon goût du répertoire, ce sont les trésors qu’il propose, n’étant pas un auteur compositeur à part entière. Comédienne de formation, j’aborde mes spectacles comme si je défendais des œuvres théâtrales. Tu animes des ateliers, tu chantes à l’étranger, tu as exploré les univers de Piaf, Brel et Barbara… Il faut un sacré tempérament pour assurer… C’est le goût du risque. J’ai besoin de me mettre en danger comme un navigateur solitaire et c’est dans cette démarche que je me retrouve, comme un funambule en recherche d’équilibre. L’intensité de la scène, cette expérience unique avec le public, le goût pour les voyages et le besoin de transmettre (qui s’est imposé à moi il y a 13 ans après une formation d’Art thérapeute) sont pour moi, essentiels et gratifiants. Cela me permet de tenir et d’entreprendre à nouveau. Peut-on attendre un disque de ce spectacle ? Possible. On y pense. Pour que ce travail laisse une trace sur le sable. Propos recueillis par Didier Desmas |
La première lettre d'info a été adressée aux adhérents du Centre de la Chanson. Découvrez l'actualité de l'association, de la chanson, les CCCC (chroniques CDs) et les avantages destinés aux adhérents |