| Claire Jau |
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« Ça fait du bien » est d’abord un sentiment personnel que j’ai ressenti pendant l’élaboration de cet album. J’ai enfin créé des chansons entièrement, de l’écriture à l’enregistrement. Deux choses nouvelles pour moi : j’en ai écrit les textes, et j’ai moi-même enregistré mes musiciens. C’est un album fait à la main, et cette idée me plaît. Ensuite, les titres nous dévoilent, parfois avec humour, des personnages qui aimeraient être ailleurs, être quelqu’un d’autre. Je pense que c’est un sentiment qu’on ressent tous à un moment, et ça fait du bien de voir qu’on n’est pas seul à rêver d’autre chose. On se souvient avec bonheur de « Claire et ses radis », qu’en est-il aujourd’hui ? Parle-nous de ton parcours. Claire et ses radis, c’est une autre époque. Un peu étudiante dans l’esprit, par son côté groupe de filles imprévisibles. Or, l’imprévisible m’inquiète, surtout en tant que « responsable ». Ce rôle est d’ailleurs compliqué à tenir dans un groupe. Le fait de reprendre l’aventure à mon nom a résolu de nombreuses questions et ambiguïtés. Aujourd’hui, si je fais des erreurs, je les assume, et je sais qu’on ne m’en voudra pas. Si les critiques s’enveniment, ce sera après moi, et tant pis pour moi, je préfère ça. Mais il faut bien savoir que l’esprit musical et scénique est strictement resté le même, aux yeux des spectateurs, il n’y a que le nom qui a changé ! Quelles sont tes influences en chanson ? Pour la musique, il y a eu Yann Tiersen. Plus tard, s’est ajouté Dany Elfman, puis Camille. Pour la chanson, Juliette, quelle femme ! Tu as remporté bon nombre de tremplins, tu progresses régulièrement et avec talent, qu’est ce qui te pousse à monter sur les planches ? Cette envie de crier ! Et quelle chance de pouvoir être entendue ! C’est ça le plaisir, crier des mots, des sons. Sur scène, même les murmures retentissent comme des hurlements. On dit, on chante ce qu’on est, complètement. C’est une intensité qui vous prend, vous remplit et vous vide. Terrible quand c’est fini, mais quand on y a goûté… Pour toi, écrire une chanson, comment ça marche ? L’idée vient d’abord d’elle-même, d’une situation au hasard où l’on se dit : « Tiens, c’est bizarre ». Il faut ensuite élaborer un petit scénario, puis vient la recherche de l’idée mélodique qui va donner les mots qui sonnent. Quand la phrase est là, je commence l’arrangement, et puis je déroule tout en même temps et c’est parti ! Propos recueillis par Didier Desmas |
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