| Tomislav / Lauréat Vive la reprise ! |
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C'est la manière dont on peut me décrire sur scène. Cela dit, ni mes chansons ni mes prestations ne comportent le côté burlesque qu'une telle expression peut suggérer. Je me présente guitare aux mains, harmonica aux lèvres, grosse caisse et charley aux pieds. J'ai aussi un « sampler » qui me permet d'enregistrer des motifs musicaux en direct et de les jouer en boucle, ou d'envoyer des sons pré-enregistrés. L'idée est de varier les couleurs et les atmosphères. Comment es-tu venu à la chanson ? Né en France, je suis originaire de Croatie, un pays dont le peuple a toujours chanté son histoire. Aussi loin que je m'en souvienne, on a toujours joué et chanté dans ma famille. C'est assez naturellement que j'en suis venu à empoigner la guitare de mon père vers treize ans. Dès le départ, j'ai voulu écrire mes propres chansons, en français. Le départ, l’exil sont des thèmes qu’on trouve dans tes chansons. La nostalgie du pays ? Peut-être. Le fait d'avoir grandi au milieu de deux cultures, sûrement. Je suis un fils de l'immigration. J'imagine que mon goût pour les histoires de gens qui partent vient de là. Parles-nous de tes influences en matière de chanson ? Je me sens influencé par toute chanson qui me touche, quel que soit le style. J'accorde la même importance à la musique qu'aux mots. Du coup, j'aime autant Brel ou les Beatles qu'un riff assassin d'AC/DC ou le « groove » imparable d'un Prince. J'aurais tort de me priver. Toutefois, j'ai passé et passe encore beaucoup de temps à écouter des bardes américains comme Dylan, Springsteen ou Neil Young, et des vieux bluesmen au son rugueux, Skip James ou Son House. Le folklore croate fait également partie de ce qui m'a construit. En France, j'aime les groupes comme les Innocents, qui ont su allier leurs influences musicales anglo-saxonnes à l'exigence du texte écrit en français. Dernièrement, j'ai vu sur scène Domb, Karpatt ou Volo et je les ai trouvés géniaux. Je pourrais aussi te parler d'écrivains américains de l'immigration comme l'italo-américain John Fante, mais là, tu ne m'arrêteras plus... J’ai entendu dire que tu préparais un CD. Je me trompe ? Exact. Tu connais la chanson : un disque, c'est un chantier. J'ai enregistré presque tous les morceaux. Viendra ensuite l'étape cruciale du mixage. Je dois composer avec le rythme intense des concerts alors ça prend du temps. Mais je ne manquerai pas de te tenir au courant ! Propos recueillis par Didier Desmas |
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