| Alain Sourigues |
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Très tôt en tant qu’auditeur puisqu’à 10 ans - c’est un mystère - je découvrais Brassens et toute la clique. Adolescent, je poètais gentiment dans mon coin. À ma majorité, on m’a demandé de choisir entre une mobylette et une guitare, en plein deuxième choc pétrolier. Mon choix a fait que mes poèmes sont devenus des chansons ; j’ai commencé à les chanter vers 25 ans. C’est pas pour m’excuser mais on m’a un peu poussé. Un concert en appelant un autre, c’est parti comme ça. Des dés que tu lances sur un tapis vert, le titre, Sec, ce troisième album n’est tout de même pas le fruit du hasard… Raconte. Non, bien sûr, quoique je voue un certain culte au Hasard au point de lui dédier cet album. En 20 ans de scène je n’avais fait que 2 disques. Il y avait urgence. La rencontre avec Ariane Productions a précipité et facilité les choses. J’avais la matière : une vingtaine de chansons possibles, une paire de musiciens fidèles (Jules Thévenot, Bruno Camiade, 10 ans de service) et une envie certaine. Les ingrédients, quoi. Sans donner la recette exacte, on a invité quelques musiciens pour aboutir à quelque chose d’encore très acoustique mais un peu plus électrique que le 2e album. Quelqu’un a dit quelque part que tu « donnes du sens à un entrelacs de blagues qui aboutit à des chansons magnifiques ». L’inspiration comment ça se passe chez toi ? Une formule tombe du ciel et parfois, je suis dessous. L’inspiration est un moment mystérieux de courte durée ; le travail d’écriture, une joyeuse et parfois pénible nécessité qui prend du temps, pour ce qui me concerne en tout cas. Je travaille un début qui me semble prometteur puis je laisse reposer, je reprends, je relaisse, jusqu’à ce que ça me semble présentable. Je ne suis pas de ceux qui écrivent des chefs-d’œuvre sur un coin de nappe. J’aimerais vraiment être plus rapide mais je n’ai pas le temps. Qu’est ce qui te pousse à monter sur scène ? Bé, mon métier et le respect des contrats signés. Mais par chance, j’ai plaisir à le faire. La scène est le deuxième endroit où je me sens le mieux. Je ne peux quand même pas passer ma vie au lit. Tu as des préférences parmi les chanteurs d’aujourd’hui ? Qui sont tes références ? Je ne peux pas me résoudre à répondre simple-ment à ces questions apparemment simples… Un aphorisme pour la route… ? Allez, deux : - Le matin, quand je me regarde dans la glace, j’ai froid. - À presque 50 balais, je me sens de plus en plus manche. Propos recueillis par Didier Desmas Chronique de disque
Michel Kemper |
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