Valérie Barrier

Valérie Barrier« Enfant de la balle », c’est tout toi ! Parle-nous un peu des auteurs de tes jours...

Je suis née en effet de parents artistes. Ma mère Anne Lefébure, a fait partie d’un groupe « Les Parisiennes » dans les années 60, c’est une artiste qui a exploré beaucoup de facettes d’elle même. Elle a été danseuse classique, chanteuse, comédienne. Quant à mon père, il était auteur-compositeur-interprète.

Je sais que Ricet était très fier de toi. Est-il vraiment tout à fait parti, au fond ?

Ricet est quelqu’un que j’aime et si il est fier de moi, je le lui rends bien, où qu’il soit aujourd’hui. J’aime l’artiste qu’il était, c’est quelqu’un qui a su donner beaucoup d’amour à son public. Il l’a fait rire, il l’a ému, il l’a aimé, et ce, toute sa carrière durant, autant dire toute sa vie. Je pense que Ricet aimait cette existence qu’il avait choisi et cette joie de vivre qui le caractérisait nourrissait les gens qui venait le voir chanter. Je ne le pense pas tout à fait parti, puisqu’il est dans mon cœur et dans celui de beaucoup de gens.

Pouvais-tu faire autre chose de ta vie que d’écrire des chansons et de les chanter ?

Non je ne crois pas que j’aurai pu faire autre chose dans la mesure où la chanson est dans mon cœur un peu comme une sœur aimée, une frangine dont on ne se pose pas la question à savoir si elle existe où pas. Elle est là c’est tout.

Béni, la chanson qui donne son titre au nouvel album, tu la chantes depuis longtemps. Peut-on parler de « chanson fétiche » ?

Tout à fait. Béni traite du sujet de la « Différence », mais aussi de l’amour d’une mère pour son enfant et du regard de ce dernier sur elle. Oui j’aime Béni.

À son sujet, des gens concernés par l’avènement d’un enfant « différent » on dû te dire des choses très belles... Tu confirmes ?

Absolument, je pense notamment à une maman qui m’a confié que si c’était à refaire, elle referait tout pareil, tellement son fils « différent » lui a apporté à elle et à toute la famille un regard et une façon de vivre dont elle n’aurait jamais pris conscience sans lui.

Je les trouve multicolores, les chansons de cet album, qu’en penses-tu ?

Je pense comme toi, et j’en suis d’autant heureuse que mon vœu de départ était celui-là : d’habiller chaque chanson de l’émotion qu’elle porte, et que toutes ensembles forment le panaché de couleurs qu’incarne « Béni » aujourd’hui.

Parlons un peu du travail de Sergio Tomassi...

Je suis heureuse qu’il en soit le réalisateur. Choisir Sergio était comme une récompense à moi-même, m’offrir un cadeau. J’aime l’artiste qu’il est. Notre première collaboration s’est faite en studio, il y a plus de 10 ans maintenant. Elle s’est prolongée sur scène lors d’une tournée, nous avons fait les Francofolies ensemble. Chaque expérience à son contact a été pour moi plus que riche. Sergio aime la chanson, véritablement, et comme il le dit lui-même il se met à son service, et ça c’est plus que précieux pour l’artiste que je suis.

En écoutant tes chansons, je t’imagine avec en main un carnet de notes ou un carnet de croquis. Elles contiennent plein de moments « saisis sur le vif », non ?

Absolument, j’ai toujours en effet un stylo et un papier sur moi, car l’inspiration naît beaucoup de l’ordinaire du quotidien, mais pas seulement. Dans mon écriture je suis avant tout au service d’une idée, d’un point de vue à développer, à soumettre, qui peut m’être inspiré par le cinéma par exemple.

Dans la chanson Ecrire, justement, tu parles de « don céleste ». C’est juste une image, ou l’exact reflet de ta foi ?

L’exact reflet de ma foi, en effet. Je pense que l’Homme s’inscrit dans un Ordre, un Plan, comme l’oiseau et la pierre. Il n’y a pas lui et les autres. Il y a l’Unité d’un Grand Tout dans lequel l’Homme s’inscrit. Et je crois qu’il apparaît dans sa verticalité quand il en prend conscience. Là oui je parle de Foi, la Foi en soi même. Accepter de faire parti d’un tout, c’est être ce tout.

On a parfois l’impression que ton écriture te donne une procuration sur des vies que tu n’as pas vécues... Je me trompe ?

Cela est bien possible, en tout cas je pense que chacun de nous est un reflet et une mémoire de l’univers, alors…

Tu étais à Barjac, le 4 août dernier... Quelques images, quelques impressions ?

Je suis très heureuse et très fière d’avoir chanté à Barjac cette année ! J’ai découvert des gens qui aiment la chanson et la défendent avec amour. Merci encore à Jofroi et Anne-Marie de m’avoir accueilli et au public fidèle de Chansons de parole.

Tu t’installes à l’Essaïon, sur le long terme. Tu y chantes tous les mercredis jusqu’à fin décembre. Comment appréhendes-tu ce moment ?

Comme un rendez-vous d’amitié. Un moment de pur bonheur, où se rencontrer fait du bien.

Se pointer sur une scène pour y chanter ses chansons... C’est gonflé, non ?

Peut-être un peu… (sourire) en tous cas c’est une forme de transmission et d’échanges qui, pour moi, est des plus belles, elle puise sa force dans l’immédiateté et dans la timidité aussi… un peu comme un rendez-vous amoureux… Elle est vivante et pour ma part m’inspire au vrai.

Propos recueillis par Jacques Perciot

www.valeriebarrier.com